Le DIN, cette voix intérieure qui pèse lourd

Le cerveau humain pense sans arrêt : il imagine, anticipe, interprète, commente…
Et quand on traverse une période difficile, incertaine, qui bouscule, il ne s’arrête pas.
Au contraire, il s’emballe.

On croit parfois qu’il faudrait « moins penser » pour aller mieux.
Mais penser n’est pas le problème.
Le vrai problème, c’est ce qu’on se dit quand on est fatigué·e, blessé·e, bousculé·e.

Dans ces moments-là, notre discours intérieur se dérègle.
Ce ne sont pas juste des pensées sombres :
ce sont des déformations silencieuses qui nourrissent un discours intérieur douloureux,
et qui finissent par peser lourdement.

C’est ce qu’on appelle le discours intérieur négatif (DIN).

Il s’appuie sur des distorsions cognitives :
des raccourcis mentaux qui déforment la réalité,
faussent la perception et aggravent la douleur.

Mes réponses en images

À quoi ça ressemble ?

Le DIN, c’est une voix intérieure plus dure, plus rapide, parfois cruelle.
On se parle mal, on se juge, on anticipe le pire.

Il peut répéter :
« Tu n’aurais pas dû… Tu n’es pas assez…
Ça va mal finir… »

Il enferme dans un récit mental qui séquestre.

Le présent devient noir, l’avenir menaçant.

Dans les périodes difficiles, c’est une réaction du mental à la pression des événements :

• Se réveiller la nuit avec une phrase qui tourne en boucle
• Revivre une dispute ou une scène sans pouvoir l’arrêter
• Hésiter, ne plus oser décider par peur de se tromper
• Se couper des autres pour éviter de montrer sa fatigue
• Se sentir vidé·e, sans comprendre vraiment pourquoi

Le DIN nourrit aussi nos émotions : peur, honte, colère, fatigue.

Ce n’est donc plus seulement l’événement qui fait mal.

Les distorsions cognitives (le mécanisme)

Le DIN ne se construit pas tout seul.
Il s’appuie sur des distorsions cognitives : des raccourcis de pensée qui déforment la réalité.

Elles font apparaître une situation ou une image de soi plus dure, plus injuste, plus désespérante qu’elle ne l’est vraiment.

Quand on les prend pour des vérités, elles enferment et amplifient la douleur.

• Catastrophisme : « Si je me trompe, tout va s’écrouler »
• Tout ou rien : « Soit je réussis parfaitement, soit je suis nul·le »
• Filtre négatif : « Peu importe ce qui a marché, je n’ai vu que mes erreurs »
• Personnalisation : « S’il va mal, c’est sûrement à cause de moi »

En psychologie clinique, on observe que ces distorsions existent chez tout le monde.
Elles deviennent massives et douloureuses lorsqu’elles sont activées par des aléas, difficultés et épreuves de vie.

Ce n’est pas un signe de « folie », mais une réaction humaine sous tension.

Quand la vie déborde, la pensée se rigidifie…
et ajoute du poids à la douleur déjà présente.

Chez les hommes : un DIN plus caché

Chez les hommes, le DIN s’exprime souvent de manière moins verbale.

Il se dissimule derrière le silence, le travail, le contrôle permanent.

En surface, on dit parfois qu’ils « se posent moins de questions »
ou qu’ils « avancent sans chercher de solution tout de suite ».

Mais en réalité, le DIN agit autrement :
plus de tension, plus de retrait, plus de fatigue invisible.

Exemples fréquents :

• « Je dois assurer » → pensée tout ou rien, obligation irréaliste
• « De toute façon, je ne compte pas » → dramatisation, exclusion de soi
• « Les gens sont tous décevants » → surgénéralisation, rigidité

Ces phrases ne sont pas anodines :
elles montrent un DIN qui travaille en silence, use l’énergie et entretient la solitude intérieure.

Particularités du DIN masculin

Ce qui le caractérise :

• Camouflé derrière le pragmatisme et les responsabilités
• Rarement exprimé en « Je me sens », mais plutôt en
« Il faut », « Je dois », « C’est comme ça »
• Peut ronger de l’intérieur sans plainte…
jusqu’à l’effondrement (physique, professionnel, conjugal)

Le DIN masculin se voit donc moins dans les mots,
mais dans les silences, la rigidité ou la fatigue invisible.

Ces formes de DIN ne sont pas permanentes.
Elles apparaissent surtout quand la vie bouscule :
surcharge, conflit, rupture, perte.

Ce n’est pas de la froideur :
c’est une manière de tenir…

… mais qui finit par user en silence.

Chez les femmes : un DIN plus explicite, mais plus culpabilisant

On dit qu’elles « tournent à plein régime » : réfléchir, se questionner, anticiper.
Ce n’est pas un problème en soi,
c’est même une ressource précieuse.

Mais quand cette activité mentale se retourne contre elles,
elle devient un terrain fertile pour le DIN :
les pensées se répètent, se durcissent,
et finissent par peser lourdement.

Exemples typiques :

• « Je dois être la cause du problème. »
• « Je suis fatiguée, mais je ne devrais pas. »

Souvent lié à la fatigue accumulée,
aux rôles multiples
et aux fidélités invisibles.

Chez les femmes : un DIN amplifié par l’empathie

Chez beaucoup de femmes, le DIN s’enracine dans la relation aux autres.

Elles ne portent pas seulement leurs propres pensées,
mais intègrent aussi, de manière naturelle et presque instinctive,
ce que vivent leurs proches.

Cette empathie, précieuse et humaine,
peut pourtant se retourner contre elles
quand elle nourrit leur discours intérieur de culpabilité et d’exigence.

• Personnalisation : « Je suis responsable de ce que l’autre ressent »
• Croyances normatives :
« Je dois être disponible, forte, compréhensive, performante »

Ce que le DIN féminin a de particulier :

• Plus verbal, tourné vers la culpabilité et la comparaison
• Se traduit par auto-critique, sentiment de dévalorisation

Chez les femmes, le DIN se renforce quand la vie déborde…
parce qu’elles portent souvent deux poids à la fois :
le leur, et celui des autres.

Quand le DIN alourdit la traversée

Il fatigue, mine la confiance, paralyse les décisions.
L’esprit se bloque…
et la vie continue autour, comme si elle avançait sans nous.

Mon rôle n’est pas d’effacer ces pensées, ni d’imposer de la positivité.

C’est d’aider à remettre du discernement,
à retrouver une parole intérieure qui soutient au lieu d’enfoncer.

Dans les moments de trouble,
un discours intérieur plus juste
peut suffire à alléger ce poids.

Question repère :
« Est-ce que ce que je pense est un fait… ou une interprétation ? »

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Corinne Stawi

Praticienne en relation d’aide depuis 2016, je vous accompagne en mieux-être mental et émotionnel avec une approche centrée sur la personne. Elle s’appuie notamment sur l’ACT, la pleine conscience et des outils cognitivo-comportementaux, dans un cadre bienveillant et sans jugement.

En prendre conscience : déjà un allègement

Repérer le DIN, c’est déjà retrouver un peu de recul et de souffle.
Et avec un appui juste,
on n’a plus à le porter seul·e.

Et si vous pouviez retrouver une parole intérieure
qui vous soutient plutôt qu’elle ne vous enfonce ?

À Torvilliers – près de Troyes
En visio également.
06 64 47 22 48

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